Photographie · Sébastien Monachon
Carnet · Scénographie
La Grange de Dorigny, Lausanne · 2019
Pour cette création mise en scène par Vincent Bonillo, la scénographie a été conçue comme un espace de confrontation et d'attente.
Inspiré du texte d'Heiner Müller et du mythe antique de Prométhée, le spectacle interroge les rapports entre pouvoir, langage et domination. Le plateau, surélevé sur une multitude de pilotis, transformait la scène en territoire suspendu, à la fois lieu de jugement, espace politique et terrain de sacrifice.
Les spectateurs découvraient un dispositif inhabituel où les acteurs occupaient les marges de l'espace avant même que l'action ne commence. Cette présence silencieuse installait une tension immédiate. Le décor ne cherchait pas à représenter un lieu identifiable mais à construire une situation : celle d'un monde où les structures du pouvoir demeurent visibles, parfois brutales, parfois dissimulées derrière les mots.
Photographie · Sébastien Monachon
La mise en scène associait jeu d'acteur, vidéo, création sonore et lumière dans une dramaturgie où l'espace devenait un partenaire de jeu à part entière. Chaque déplacement, chaque prise de parole et chaque silence trouvaient leur place dans une architecture scénique pensée comme un outil de narration.
Un espace suspendu entre le mythe et notre époque.
Selon plusieurs critiques, le spectacle actualisait la figure de Prométhée afin d'interroger les inégalités sociales, la manipulation du langage et les contradictions de nos sociétés contemporaines. Entre mythe antique et préoccupations actuelles, la scénographie cherchait à maintenir un équilibre fragile entre puissance et vulnérabilité, entre maîtrise technique et responsabilité humaine.
Photographie · Sébastien Monachon